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Le mouvement anti-guerre québecois prend forme

anon — February 1984

Par Jean-Guy Vaillancourt et Ronald Babin

Contrairement à une opinion fort répandue, il existe au Québec un mouvement anti-guerre qui prend forme actuellement et qui évolue assez rapidement, surtout depuis le début de 1982. Celie mobilisation implique tant les francophones que les anglophones, bien qu’elle fût plus lente à démarrer chez les francophones. Elle s’etend aussi de plus en plus dans les villes autres que Montréal.

Le nouveau mouvement antiguerre est assez different du mouvement pour la paix des années cinquante, bien qu’il soit partiellement en continuité avec lui. Durant les années soixante, on a pu assister a la naissance d’un second mouvement anti-guerre, dirige contre la guerre du Viêt-nam. Celui-ci s’est developpé surtout à partir de 1965 et il réunissait dcs gens venus dc plusieurs horizons politiques differents.

Quant au mouvement anli-guerre actuel au Québec, il s’est constitué essentiellement, depuis le début de 1982, a l’occasion de trois manifestations importantes, l’une à New York le 12 juin 1982, la deuxième a Ottawa le 30 octobre 1982 et la troisième à l’occasion de celie du 22 octobre dernier à Montréal qui a regroupé plus de 20.000 personnes en 2 manifestations gigantesques, comme on n’en avait pas vu depuis bien longtemps à Montréal.

Depuis un an, les énergies se sont orientées vers l’organisation de cette grande manifestation. du 22 octobre dernier à Montréal, qui marquait la journée internationale de solidarité pour la paix et pour la résistance à la course aux armements entre l’Ouest et l’Est, et aussi contre les essais de missiles de croisière au Canada. Autour de cet événement, tous les groupes anti-guerre se sont mobilisés, les anciens comme les nouveaux, les pro-soviétiques comme les nonalignés, les vrais pacifistes comme les partisans de la “guerre juste” dans certains cas bien précis, les anglophones comme les francophones, les Montréalais comme ceux qui oeuvrent ailleurs au Québec.

On peut dire qu’il existe, actuellement, en gros, deux grandes tendances ou tentatives de regroupement dans Ie mouvement anti-guerre québécois et qu’une troisième est en gestation. Le Conseil québécois pour la paix. avec les 145 groupes (syndicats, associations ethniques et étudiantes, de retraites de solidarité internationale, etc.) qu’il a réussi à mobiliser autour de lui pour sa marche du 22 octobre dernier constitue un premier axe, plus ancien, plus structuré et plus centré sur une position anti-americaine plutôt que sur une option de non-alignement.

Le deuxième axe du mouvement esl constitué des groupes gravitant autour du Comité du 22 octobre, qui tire lui-même son origine de la Coalition montréalaise pour le désarmement, de façon plus lintaine, de certains groupes d’écologistes, de chrétiens, d’universitaires et de militants dont plusieurs sont anglophones (Eglise unie, Anglicans, Unitariens, Benedic Labre House, Project Ploughshares, Operation Dismantle, les employés de McGill pour le desarmement, les professionels de la santé pour une responsabilité nucléaire, revue Our Generation, le Service d’information sur le désarmement, le Regroupement pour la surveillance du nucléaire, etc.) ainsi que la Voix des femmes, l’ Alliance Tournesol, l’Union des pacifistes du Québec et divers autres organismes francophones de solidarité internationale et de groupes locaux anglophones et francophones. Ces groupes privilégient le non-alignement et un type d’action souple et décentralisée sous forme de réseaux et de coalitions informels.

Quant au troisième axe du mouvement, il commence à peine a se développer mais il semble déjà en bonne voie de formation. C’est une tentative de regroupement, sur la base de coalitions informelles, des divers groupes québécois, surtout francophones qui voudraient développer un réseau plus vaste que celui de la Coalition montréalaise, bien qu’ils en fassent partie pour la plupart, réseau qui inclurait des groupes régionaux et des organismes francophones bien établis.

Ces groupes francophones ou bilinguës tendent en général à relier la question de la paix à celles de la justice et de la solidarité internationale et veulent aller chercher des syndicats et des groupes populaires et des gens sensibilisés à la paix dans les diverses régions du Québec. Comme c’est le cas pour le Comité du 22 octobre et pour la Coalition montréalaise, ils sont portés à prendre une position de non-alignement entre l’URSS et les Etats-Unis.

Il est bien difficile de prévoir si ce troisième réseau abserbera en entire ou en prtie le second ci-dessus mentionné, ou s’il se constituera effectivement en partie à côté de celui-ci. Tout dépend en somme du rôle que décideront d’y jouer les tentatives de coalitions paritelles que esistent déjà au Québec, tels la Coalition montréalaise, le Réseau québécois pour le desarmement, la Coalition québécoise étudiante pour Ie desarmement, l’ Alliance Tournesol, etc. L’effort le plus important pour la création de ce troisième réseau est en marche depuis Ie 12 avril 1983 et spécialement depuis le 10 juin 1983, lorsque des militants d’une vingtaine de groupes francophones pour la plupart mais comprenant aussi quelques groupes anglophones, se sont réunis pour la journée pour discuter de la possibilité de créer un reseau québecois très souple et plus vaste que les regroupements partiels existants. A la suite de cette rencontre du 10 juin, un comité intérimaire d’interre1ation, composé de 7 personnes provenant des principaux groupes présents, à été formé pour explorer les avantages d’un tel regroupement. Le 1er octobre 1983, ce comité d’interrelation tenait une autre rencontre des groupes et ceux-ci chargèrent le comité de produire une plateforme commune qui fut discutée, amendée et finalisée par les répresentants des groupes à une réunion générale le 10 decembre 1983. Cette plate-forme sera prochainement publiée dans le journal Le Devoir, et servira de base pour le recrutement de nouveaux groupes qui se réuniront bientôt pour discuter des actions futures du mouvement antiguerre, y compris un congrés qui devrait avoir lieu au prinlemps ‘84 si les groupes sont d’accord.

Il s’agit en l’occurence de débattre collectivement quelles actions et quelles orientations devraient poursuivre ensemble les groupes québécois. Par exemple, faut-il centrer l’attention sur la seule dénucléarisation ou sur des problèmes plus vastes de transformations économiques, politiques et sociales, s’attaquer a la production locale d’armements ou au complexe militantindustriel et technocratique, faire de l’education ou des aClions, de la mobilisation a la base ou de l’organisation et de la coordination, centrer la lutte sur l’opposition aux bases el aux essais des USA chez nous ou renvoyer dos à dos l’URSS et le USA, développer surtout les groupes régionaux ou les liens internationaux, insister sur Ie pacifisme or sur Ie neutralismc, contestcr Bagotvillc, les missiles de croisière en Alberta ou le champ fédéral de tir au Lac-St-Jean, manifester contre le fédéral, contre Andropov, ou contre Reagan, etc.

Ces options sont probablement complémentaires et non contradictoires, et il est sans doute excellcnt que les groupes se concertent de temps en temps pour se partager les tâches et réfléchir sur leurs orientations et sur leur action, car ce sont là des questions complexes.

Notre but en parlant de ces trois tendances ou réseaux est de montrer la diversité et la force croissante du mouvement a la guerre Québecois et non pas de classer les groupes et les gens dans des casiers étanches et rigides. Tout ce que nous pouvons affirmer avec ccrtitudc à l’heure actuclle, c’est qu’il existe en ce moment au Québec un très grand nombre de groupes préoccupés par la question de la guerre et du désarmement.

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